Partager l'article ! Chapitre.....dernier....: C Chapitre … dernier. Le Carnet de bord entamé en septembre 2007 ...
Ordonné prêtre en 1995, j'ai été envoyé par Monseigneur Hippolyte Simon comme « fidei donum » en République Centrafricaine, dans le diocèse de Bangassou.
C
Chapitre … dernier.
Le Carnet de bord entamé en septembre 2007 prend fin en ces jours de septembre 2010.
Amis lecteurs du blog, je vous annonce que je ne poursuis pas mon ministère de prêtre à Zacko, ou en RCA. Après trois années, le contrat pouvait être renouvelé. Mais, et sans m’étendre longuement sur le sujet, tout ne fut pas facile, au long des jours. Certains l’ont peut-être lu « entre les lignes » du Carnet de bord. Aussi, après discussion avec les évêques de Bangassou et Clermont, j’ai donc regagné l’Auvergne.
Ces dernières lignes ne sont pas une conclusion, mais plutôt comme un merci, parce qu’il y a un après. Parce qu’on ne conclue que ce qui se termine. Or, ce à quoi j’ai participé, ce que j’ai parfois initié, continue après moi.
Un merci, donc. Ou mieux encore des mercis.
Le premier merci s’adresse au Seigneur. Parce que c’est Lui que j’ai voulu annoncer, aux côtés des prêtres et des laïcs vivant dans le diocèse de Bangassou. Parce que je crois que l’Evangile, Bonne Nouvelle, est soutien pour tous les chercheurs de paix et les créateurs d’espérance. Parce que les Sacrements offerts par l’Eglise ouvrent à plus grand que nous-mêmes. Parce que je crois fermement que La Parole de Dieu, l’Evangile, est libératrice des peurs, des replis sur soi. Parce que je crois que l’Evangile donne, redonne la dignité à ceux qu’on accuse injustement de sorcellerie, d’empoisonnement, de meurtre. Parce que je sais qu’on puise dans Sa Parole la force d’avancer jour après jour ; ce fut pour moi le cas avec ceux auprès desquels j’ai été envoyé.
Le deuxième merci va aux responsables de l’Eglise locale, évêque, prêtres, religieuses. Ensemble attelés en Eglise à la même tâche de révéler Dieu Vivant, et aussi de servir l’Homme, notre prochain, c'est-à-dire chaque personne de qui nous devons nous faire proches au quotidien. L’évangélisation est indissociable de la promotion de l’Homme. Avec eux j’ai essayé d’apporter ma « petite pierre ».
Le troisième merci, je l’adresse à la communauté catholique de Zacko. Le Centre, et les 6 chapelles de la paroisse. Avec ses membres, nous avons tant partagé ! Fonder la paroisse, en s’inscrivant à la suite du long travail effectué depuis près de 50 ans par des prêtres, des catéchistes, des jeunes et des adultes qui ont accepté de prendre une responsabilité auprès de leurs frères. Durant ces 3 années, réunir les acteurs de la communauté, les responsables des différentes communautés. Veiller à la croissance et à la bonne marche des Mouvements d’Eglise. Eveiller chacun à la Parole de Dieu. Développer la solidarité à l’égard des plus pauvres et des exclus de la société. Encourager la fondation d’écoles et leur fonctionnement, soutenir les élèves en difficulté… Et quel accueil dans les chapelles, souvent rejointes grâce au VTT, pour de courts séjours passionnants et bien remplis !
Le quatrième merci va à la communauté humaine de Zacko. Ces hommes et ces femmes, ces jeunes et ces enfants de confessions religieuses diverses, de condition sociale bien souvent précaire, avec qui j’ai tant partagé. L’association ASKangba, le chantier du bloc opératoire, celui de l’école de Kono, les ponts sur la piste Bakouma-Zacko, l’adduction d’eau courante, les journées de l’Enfant Africain, ... autant d’occasions de travailler ensemble, de vivre ensemble. Et puis tous ces moments partagés, heureux ou tristes, parfois dramatiques, au long des jours.
Le cinquième merci va à tous ceux qui m’ont apporté leur soutien pendant ces trois années en RCA. Soutien par la prière et/ou la pensée, de loin le plus important. Soutien à travers une petite lettre, un mail, un coup de fil, un colis. Soutien à travers les visites effectuées jusqu’à Zacko, venant d’Europe ou plus simplement de Bangui ou Bakouma. Soutiens d’ordre matériel et financier apportés aux projets divers mis en place avec les gens de la région. Responsables du diocèse de Clermont, membres de ma famille, amis proches, gens connus ou inconnus … Vous êtes si nombreux !
Aujourd’hui, les liens demeurent, à commencer par ceux déjà tissés avec l’abbé Yvon, Centrafricain, nouveau curé de la paroisse, et avec l’Eglise locale. Ainsi qu’avec ceux que j’ai connus durant ces trois années. Ici en France, L’association Agir Avec Zacko continue et continuera d’apporter son soutien à la paroisse et à divers projets locaux. Grâce à tous ceux qui ont fait des dons et continueront d’en faire, l’école de Kono et ses 3 salles de classe n’attend plus que son toit pour accueillir les élèves et leurs enseignants. Le cabinet d’architecte a déjà reçu, grâce à vos dons, 28.000€. Il manque un peu plus de 10.000€ pour régler la facture. C’est le projet important du moment.
Il y a aussi le soutien régulier apporté à des adultes et à des jeunes :
Agir Avec Zacko s’est engagée à soutenir concrètement les maitresses du jardin d’enfants en versant à chacune une somme mensuelle de 10.000 francs, soit 15€.
Les jeunes de Zacko scolarisés dans les collèges et lycées de Bangassou sont aussi accompagnés dans leurs études, et aussi leur lieu de vie, une maison louée en ville pour plusieurs d’entre eux et dont le loyer est de 7.000 francs par mois (12€). Quant aux 3 garçons qui sont au Petit Séminaire, il leur faut verser chacun la somme de 70.000 francs pour cette rentrée, vie quotidienne et scolarité incluses. Ils ont réuni une partie de la somme, il faut les aider à boucler.
Merci pour l’aide que vous pouvez apporter à ces personnes.
Ce sont quelques aspects de ces liens mis en place lors de mon passage à Zacko, et qui se poursuivront, parce c’est encore là une belle manière d’accompagner ces jeunes et ces adultes qui, dans cette région isolée de RCA, veulent croire en un présent et un avenir de paix, pour eux, et pour les générations à venir. Paix et développement vont de pair. Développement rendu possible par l’accès à des soins convenables, à une scolarité qui éveille davantage au sens de l’autre et fait naitre l’espérance en demain, un demain qui devient le leur s’ils ont les moyens de le saisir. Leur donner les moyens de construire leur avenir chez eux, tel est bien le défi majeur à relever. Ensemble ici, et avec eux.
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